Pourquoi s’infliger ça ?

Souvent, quand je parle aux gens du CrossFit, on me pose une question : « Pourquoi tu t’infliges ça ?« . Je ne sais jamais trop comment prendre cette question. Est-ce un jugement sur ma condition physique, ou bien est-ce parce qu’ils ont l’impression que c’est une vraie torture ? Est-ce que je parle du CrossFit vraiment aussi mal que ça, tant que les gens pensent que c’est un sport de barbare ?

tumblr_nx6jbsKzze1qh0j2do1_1280

 

A l’heure où j’écris ces lignes, je sors d’un WOD particulièrement éprouvant, que j’ai vécu un peu dans la douleur. Un WOD durant lequel j’ai eu envie d’abandonner, alors que ça ne m’arrive quasiment jamais. J’ai une mauvaise condition physique, mais je sais que j’ai le mental. Alors, c’est tout à fait l’occasion de repenser à ça.

Ma réponse à cette question est plutôt simple. Je « m’inflige » le CrossFit, parce que ça fait appel à quelque chose en moi. Ça résonne. Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi, mais j’aime l’idée de me dépasser, et c’est exactement ce que je recherche dans le sport. Le CrossFit, en plus de cela, propose de se dépasser mentalement et physiquement.

Lorsque je me suis inscrite pour ma première séance, j’ai passé des heures à écumer les articles sur ce sport, pour savoir comment ça se passait. J’angoissais complètement, je voyais ces gens, très musclés, très athlétiques, réaliser des mouvements que je trouvais incroyables. J’ai eu la même impression en rentrant dans la box pour la première fois, en voyant tout ces gens en train de soulever des haltères, en pleine transpiration. Quand on le regarde de l’extérieur, ce sport paraît brutal, mais est en réalité adapté à tout le monde. Il faut juste écouter son corps. C’est l’intensité qui fait tout. Vous pouvez faire le même entraînement que votre voisin, vous aurez juste une différence de charge, de volume, de temps de repos, mais l’intensité est la même : vous êtes à votre maximum.

On s’inflige le CrossFit, comme on s’inflige n’importe quel sport. On cherche le point de non-retour, ce moment où on se dit qu’on va lâcher. On cherche nos limites pour se dépasser, pour savoir ce que ça fait, d’être dans son côté obscur. J’ai passé 30 minutes à me faire motiver par le coach, qui ne m’a pas lâchée une seconde. Il était derrière moi à chaque thruster, à me dire de continuer, de ne pas lâcher, d’en faire encore 5. Il était là aussi après les longs mètres de course.

Je n’ai pas eu le temps de finir le WOD, mais au final, si je fais le compte de toutes les répétitions, j’ai fait 70 thrusters, et j’ai couru plus de 1800 mètres. Moi qui suis essoufflée après 400 mètres de course, j’ai continué. Je repense à la fille qui s’est pointée à la box pour son premier jour, et je suis fière de moi. Je suis fière de mes progrès, peu importe qu’ils soient maigres ou non. Aujourd’hui, je n’ai pas lâché, même si je n’en pouvais plus, même si je poussais ce grognement si caractéristiques aux crossfiteurs. Ce grognement étrange, qu’on lâche tous quand c’est trop difficile et qu’on ne veut pas s’arrêter.

J’ai pensé à tous ces moments où je ne me suis pas sentie à la hauteur, où les autres ne m’ont pas laissé une chance. J’ai repensé à mes échecs, à mes envies, et à la rage que je cache au fond de moi. Et soudainement, j’avais la force d’aller plus loin.

Pourquoi je m’inflige ça ? Parce que ça me fait avancer. Parce que je développe mon corps, et j’améliore mon mental. Parce que je sais que je peux aller encore plus loin, et j’ai la force de construire mes projets. Je construis la nouvelle moi.

 

-Happy body, happy mind-

Publicités

4 réflexions sur “Pourquoi s’infliger ça ?

  1. Margaux Lifestyle dit :

    Très bel article !!! Cela me fait penser aux gens qui me disent « mais pourquoi tu cours ? »… Surtout en ce début de semaine, où je suis arrivée au taf avec l’intérieur des cuisses brûlées à cause des frottements et de la course du dimanche (le viaduc de millau) mais avec l’envie de continuer à prendre le départ d’autres courses ! Je comprends tout à fait ce que tu ressens. Au final, on se dépasse, on se prouve à nous-mêmes que l’on est capable de beaucoup de choses et ça, ça fait franchement du bien !

    J'aime

  2. Les Flâneuses dit :

    Je comprends ta réaction face à cette question, mais en même temps j’imagine pourquoi elle est posée… Je sais, c’est contradictoire ^^
    J’ai réalisé que, lorsqu’on n’a pas essayé un sport, il fait souvent peur… Puis on tente le coup, et si on ne s’en sort pas on en vient vite à se demander pourquoi les autres imposent ça a leur corps. L’important est de ne pas écouter cette petite voix qui nous dit que c’est de la torture et de s’accrocher jusqu’à aimer les effets qu’ont le sport sur nous 🙂
    Enfin c’est vrai pour moi, ce n’est peut-être pas le cas de tout le monde !

    En tout cas, bel article 🙂

    Les Flâneuses ~Anaïs

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s